L’intentionnalité comme filtre de lecture
Avant de lire une estimation, il existe une question préalable que peu de vendeurs posent spontanément : pourquoi cette personne me donne-t-elle cet avis ?
Avant de lire une estimation, il existe une question préalable que peu de vendeurs posent spontanément : pourquoi cette personne me donne-t-elle cet avis ? Non pas pour soupçonner une mauvaise foi, mais pour comprendre dans quelle configuration économique cet avis a été formulé.
L’intentionnalité n’est pas un reproche. C’est un outil de lecture. Tout professionnel du marché de l’art agit dans le cadre d’un modèle économique qui oriente, consciemment ou non, ses prises de position. Le galeriste qui vous dit qu’une pièce vaut peu a peut-être intérêt à l’acquérir. Le commissaire-priseur qui vous annonce une estimation haute souhaite peut-être attirer votre consignation.
Ce filtre de l’intentionnalité ne conduit pas à la méfiance systématique. Il conduit à la lucidité. Un vendeur informé sait qu’il reçoit un avis situé — c’est-à-dire émis depuis une position économique précise — et peut en tenir compte au moment de décider. C’est tout ce que ce site cherche à transmettre : non pas la suspicion, mais la conscience de ce que l’on entend.
Références : Code de commerce, art. L321-1 et suivants — régulation des ventes volontaires en France.