La galerie et le particulier : une asymétrie d’information documentée

La galerie et le particulier : une asymétrie d’information documentée

L’asymétrie d’information entre un galeriste et un vendeur particulier est l’une des plus fortes qui existent dans le commerce de biens culturels.


L’asymétrie d’information entre un galeriste et un vendeur particulier est l’une des plus fortes qui existent dans le commerce de biens culturels. D’un côté, un professionnel qui suit quotidiennement le marché, connaît les résultats de ventes récents, a accès aux bases de données spécialisées (Artnet, Invaluable, Drouot Digital), entretient un réseau d’acheteurs potentiels et connaît les tendances actuelles du goût. De l’autre, une personne qui découvre souvent pour la première fois la réalité de ce qu’elle possède.

Cette asymétrie est normale dans tout marché spécialisé. Elle ne devient problématique que lorsqu’elle se double d’un conflit structurel d’intérêts — c’est-à-dire lorsque la personne la mieux informée est aussi celle qui a le plus à gagner à ce que vous restiez peu informé. Dans cette configuration, l’asymétrie d’information n’est plus seulement un état de fait : elle devient un levier économique.

La réponse à cette asymétrie n’est pas de se méfier de tous les galeristes — beaucoup d’entre eux exercent avec rigueur et intégrité. C’est de comprendre que leur avis sur la valeur d’un objet qu’ils pourraient acheter n’est structurellement pas le même que l’avis d’un expert qui n’a aucun intérêt dans la transaction. Les deux peuvent être utiles. Ils ne s’utilisent pas de la même façon.


Données de marché : Artprice (leader mondial de l’information sur le marché de l’art, coté en bourse) — base de référence des résultats de ventes publiques.